La pression fiscale fait peur aux Tunisiens… et relance l’économie parallèle




Les Tunisiens expriment leur crainte des nouvelles mesures fiscales que le gouvernement adoptera dans la loi de finances 2023, dans le cadre du plan de réformes économiques qu’il entend mettre en œuvre à partir de la nouvelle année.

Dans un entretien avec des journalistes, le ministre des Finances, Sihem Bogdiri Nemsija, a évoqué la possibilité d’élargir l’assiette fiscale afin d’améliorer les ressources de l’Etat et de réduire les emprunts extérieurs. Cependant, de nombreux observateurs recherchent des solutions qui n’obligent pas les contribuables à payer plus, considérant que la pression fiscale sur les salariés et les entrepreneurs n’est plus supportable, contrairement au secteur parallèle qui ne paie pas d’impôts.

Au total, la Tunisie met en œuvre environ 850 mesures fiscales qui ont contribué à l’évolution des recettes fiscales du budget de l’Etat de 6 milliards de dinars en 2010 à 30 milliards de dinars en 2022.

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Une étude analytique de l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives a révélé une augmentation de la pression fiscale sur les salariés, qui a atteint 34,85% à fin 2016, contre 30,17% en 2006. L’étude a également montré que la part supportée par le salarié est passé de 16,80 % en 2006 à 25,19 % en 2017, et la part à la charge de l’employeur de 16,85 % à 17,24 %.

Le gouvernement tente de convaincre les acteurs économiques de la justification de nouvelles mesures fiscales dans la nouvelle loi de finances. Dans ce cadre, la ministre des Finances, Siham Bougdiri Nemsia, s’est entretenue, lundi 28 novembre, avec les membres du bureau exécutif de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat, en présence du président du syndicat, Samir Majoul.

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La réunion a été consacrée à la présentation et à la discussion des mesures fiscales les plus importantes proposées dans le projet de loi de finances pour 2023.

Le ministre des Finances a confirmé que les dispositions contenues dans le projet de loi de finances visent à consolider la justice fiscale en élargissant l’assiette fiscale et en resserrant la répartition de la charge fiscale entre les différents acteurs économiques, notant que le projet de loi contient un certain nombre de mesures qui sont dans le cadre du programme de réforme du système fiscal et de lutte contre l’évasion fiscale et l’intégration de l’économie parallèle.

D’autre part, Samir Majoul a exigé la mise en place des mécanismes nécessaires pour maintenir la durabilité et soutenir la compétitivité des différents secteurs de production dans un climat mondial difficile.

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Rappelons que la Tunisie souffre d’un déficit budgétaire record pour l’année en cours, qui s’élève à 9,7 milliards de dinars, selon la loi de finances complémentaires récemment publiée au Journal Officiel. Le gouvernement prévoyait un déficit budgétaire pour 2022 pouvant atteindre 8,5 milliards de dinars.

Les autorités tentent de trouver des solutions pour relancer l’économie, avec un accord avec le Fonds monétaire international. Le mois dernier, la Tunisie et le FMI ont conclu un accord au niveau des experts pour accorder à la Tunisie un prêt de 1,9 milliard de dollars sur 4 ans, en attendant l’approbation finale du Conseil d’administration du Fonds en décembre 2022.




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